mardi 8 mai 2007

Le train de vie de l'Etat: Sarkozy mène large





Nicolas Sarkozy en vacances de luxe à Malte


Le vainqueur de la présidentielle est parti quelques jours sur un yacht, appartenant à Vincent Bolloré au large des côtes maltaises. Prix théorique de la location : près de 200.000 euros la semaine.

Nicolas Sarkozy et son fils Louis à bord d'un yacht, au large de Malte (Reuters)
Loin des médias et des paparazzi, le président élu français Nicolas Sarkozy s'offrait mardi 8 mai quelques moments de détente en mer et sous le soleil au large de Malte, en compagnie de son épouse Cécilia et de leur fils Louis.C'est à bord d'un jet privé que le nouveau chef de l'Etat français avait atterri lundi après-midi à l'aéroport international de la petite île méditerranéenne avec son épouse, leur fils de 10 ans et plusieurs gardes du corps.Le petit avion, un Falcon 900 EX, est immatriculé F-HBOL, a constaté le correspondant de l'AFP, et appartient à l'homme d'affaires français Vincent Bolloré, selon le registre des immatriculations disponibles sur le site internet de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).Le jet privé se trouvait toujours à l'aéroport de Malte mardi après-midi, laissant penser qu'il pourrait être réutilisé pour le retour à Paris de Nicolas Sarkozy.De retour jeudiNicolas Sarkozy sera de retour à Paris jeudi matin pour assister aux cérémonies de commémoration de l'abolition de l'esclavage, a affirmé à l'AFP son ancien directeur de campagne Claude Guéant.Selon le site internet du mensuel Capital, le yacht privé long de 60 mètres sur lequel Nicolas Sarkozy et sa famille ont embarqué dès leur arrivée à Malte appartiendrait également à M. Bolloré.Il pourrait s'agir du "Paloma", yacht de luxe immatriculé en France et pouvant accueillir douze personnes, dont le prix de location à la semaine en haute saison frôle les 200.000 euros.Après avoir longé les côtes du sud de l'île lundi après-midi, le yacht avait mouillé durant la nuit dans une baie puis a repris la mer tôt mardi matin.L'agence italienne Ansa a affirmé dans l'après-midi que Nicolas Sarkozy faisait route vers la Sicile, située à quelque 80 km de Malte, et qu'il pourrait faire halte à Taormina ou à Syracuse."L'arrivée de M. Sarkozy lundi n'était pas annoncée et aucune rumeur n'avait précédé son arrivée. Il a aussitôt pris la mer avec sa famille et ses gardes du corps. Nous n'en savons pas plus pour l'instant. Certains disent qu'il va rester au large de Malte, d'autres qu'il a l'intention d'aller en Sicile, à Syracuse", a indiqué à l'AFP un journaliste maltais.Les Maltais étaient un peu frustrés de ne pas pouvoir apercevoir le nouveau président français."Compte tenu de l'intérêt des Français pour la culture, il aurait pu profiter de notre patrimoine", a déclaré à l'AFP un habitant, John Agius."Après une campagne électorale éreintante, on imagine facilement qu'il avait envie de petites vacances au calme et en privé", a commenté un autre Maltais, Joseph Borg.Hollande trouve cela "normal"Un repos que le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a jugé mardi normal."Chacun peut partir en vacances, ça ne me gêne pas", a-t-il dit au micro de RTL. "Je trouve normal qu'après une campagne difficile aussi pour lui il ait besoin de repos".Selon l'agence italienne Ansa, le gouvernement maltais a été prévenu à la dernière minute de l'arrivée de Nicolas Sarkozy.L'Ansa a affirmé que Nicolas Sarkozy avait déclaré au responsable du protocole venu l'accueillir qu'il était "ici pour réparer une gaffe et faire amende honorable".Dans un discours de campagne, Nicolas Sarkozy avait parlé de sa volonté de renforcer le front méditerranéen à l'intérieur de l'Union européenne en omettant de citer Malte, ce qui n'avait pas manqué d'être relevé par l'ambassadeur maltais à Paris.Aucune photo ou déclaration du président élu ne figurait dans les quotidiens maltais, selon lesquels Nicolas Sarkozy et sa famille devaient éviter au maximum tout contact avec les médias.Le nouveau président avait fait part de son souhait de s'accorder quelques jours de retraite avant son investiture le 16 mai.Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP, a été élu par 53,06% des voix contre 46,94% à sa rivale socialiste Ségolène Royal, lors d'une élection qui a vu une très forte participation (84%). (AFP)

samedi 5 mai 2007

Il n'y a pas qu'en France qu'on met en garde contre le danger Sarkozy

Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux


J usque-là, nous ne l'avions pas écrit. Parce qu'il demeure exceptionnel que Le Soir prenne position dans une élection, comme il l'avait fait pour soutenir John Kerry face à George Bush aux Etats-Unis.
Cette fois pourtant, on ne peut plus rester sans le dire. Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux. Parce que le candidat de l'UMP à l'Elysée a franchi la ligne rouge. Ses propos sur le caractère inné de la pédophilie ou de la tendance suicidaire bouleversent tous les principes de l'humanisme. La société ne servirait donc à rien ? A quoi bon alors l'éducation, la famille, l'amour, l'apprentissage de la tolérance, si le seul destin décide de faire d'un homme un héros ou un monstre ? Ses propos sur l'Allemagne, prédisposée à s'abandonner au nazisme, sont tout aussi écoeurants. Et que dire de cette phrase, entendue en meeting : « La France n'a pas à rougir de son Histoire. Elle n'a pas inventé la solution finale. » Aurait-il oublié que la France a collaboré ? Que Vichy a livré des Juifs aux nazis ? Jacques Chirac a beaucoup de torts. Mais il a eu ce courage, lui, de reconnaître la responsabilité de l'Etat français pour la collaboration.

Ce virage complète chez Nicolas Sarkozy une posture résolument populiste. Combien de fois, lorsqu'il était à l'Intérieur, n'a-t-il pas accusé les juges de ne pas en faire assez, violant ouvertement la séparation des pouvoirs ? Sa mainmise sur les médias ne laisse pas d'inquiéter, elle aussi, obtenant ici le limogeage d'un directeur dérangeant, discutant là de l'embauche d'un journaliste chargé de couvrir l'UMP. Et que dire de ses déplacements de campagne ? Non seulement il ne peut plus se rendre en banlieue, là où Jean-Marie Le Pen se promène désormais, mais même dans des quartiers moins chauds comme la semaine dernière à la Croix-Rousse à Lyon, il doit reculer par crainte des manifestants.
« Prendre des voix au Front national, est-ce mal ? », interroge Nicolas Sarkozy. Non, bien sûr, au contraire. Mais à condition de ne pas séduire ses électeurs avec les mêmes mots. Au soir du premier tour, le candidat de l'UMP se félicitera peut-être d'avoir asséché le terreau électoral de Jean-Marie Le Pen. Mais à quel prix ? Celui, affolant, d'une lepénisation des esprits.

Joëlle Meskens

Eclairages sur le débat du 2 Mai 2007


« Je m'appuierai sur la majorité la plus large possible »
Au lendemain de son débat télévisé musclé avec Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a reçu « le Parisien » et « Aujourd'hui en France ». Elle explique ce qu'elle fera si elle est élue dimanche soir.

AU LENDEMAIN de son face-à-face télévisé avec Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal apparaît hier matin, dans son quartier général du boulevard Saint-Germain à Paris (VIIe arrondissement), tranquille et déterminée. Tranquille comme une candidate qui, non contente d'avoir le 22 avril accédé au second tour, a fait mercredi soir devant tous la démonstration de sa pugnacité, elle que beaucoup jugeaient incompétente et d'abord fragile. Déterminée comme une femme qui se sent, au final, poussée par une « vraie ferveur populaire » et croit toujours, n'en déplaise aux sondages, qu'elle peut gagner sur le fil dimanche. Alors que François Bayrou a confirmé hier qu'il ne voterait pas Sarkozy, elle rêve de disposer à l'Assemblée, au-delà des clivages habituels, de « la majorité la plus large possible ». « Avec moi, martèle-t-elle, visant implicitement son rival, il n'y a aucun risque. Vous avez tout à gagner... » Réponse dimanche à 20 heures. Quel est, chez vous, le sentiment dominant après le débat télévisé de jeudi soir ?Ségolène Royal.J'ai défendu mes idées.Vous n'avez aucun regret ? On a toujours des regrets après un débat, parce qu'on n'a pas dit tout ce qu'on aurait voulu dire. Mais, globalement, ce débat a été éclairant sur le choix qui s'offre dimanche aux Français entre deux projets de société, deux visions de la France.
Comment vous est apparu Nicolas Sarkozy ? Sur la défensive. Et, parfois, j'ai eu l'impression qu'il était en difficulté. Je pense notamment à nos échanges sur la sécurité, l'environnement, le nucléaire, la scolarisation des enfants handicapés. Ce dernier sujet est, pour moi, révélateur d'un certain comportement politique dont les Français ne veulent plus.Nicolas Sarkozy dit qu'il vous a trouvée agressive... C'est son habitude de se sentir agressé dès qu'on n'est pas d'accord avec lui. Or, c'est simplement le débat politique qui doit être mené avec conviction et passion. Car je crois profondément à la politique.Vous, vous n'estimez pas avoir été agressive ? Non, j'ai rempli mon rôle. Avec la volonté qu'on comprenne qu'avec moi, les intérêts des Français seront bien défendus et que je ne me laisserai pas faire.Votre stratégie était, à vos yeux, la bonne ? Je voulais que ce débat montre clairement quel est l'enjeu de dimanche et notamment en quoi Nicolas Sarkozy est responsable du bilan du gouvernement actuel. Je voulais aussi montrer la démagogie de certaines de ses propositions. Ainsi, après avoir visité un foyer de femmes battues sans papiers, il leur a promis la régularisation. Comme je n'imagine pas que le propos ne valait que pour ce foyer-là - ou alors l'impartialité de l'Etat serait remise en cause - ,vous imaginez jusqu'où sa promesse peut conduire ! D'autant qu'il a promis aussi un autre jour la nationalité française à toutes les femmes martyrisées du monde. Ce qui doit représenter au moins 200 millions de personnes ! Soit Nicolas Sarkozy promet n'importe quoi, soit il n'est pas responsable. Combien de promesses, en réalité, pourrait-il tenir ? Sûrement pas ses promesses d'allègements fiscaux, qui dépassent de loin ce que Margaret Thatcher a fait en dix ans de pouvoir et qui conduirait à la ruine des services publics. Et puis son programme est rempli d'injustices. Je ne citerai que le bouclier fiscal, qui consiste à rembourser une partie de l'impôt des plus riches contribuables, comme cette riche héritière qui vient de récupérer plus de 7 millions d'euros.
Un échange a beaucoup frappé. Nicolas Sarkozy vous a reproché de perdre vos nerfs et vous lui avez répondu qu'il y a des indignations, même pour un chef d'Etat, sincères et saines...
C'était un temps fort, oui. Je porte des convictions. Je ne suis pas dans le calcul. Le sort réservé aux élèves handicapés à l'école ne peut laisser personne indifférent. J'avais imposé l'accueil des enfants trisomiques à l'école maternelle et, aujourd'hui, le gouvernement est revenu en arrière et on ne veut plus d'eux : est-ce que cette situation scandaleuse, cette souffrance des familles ne méritent pas du coeur et de l'indignation ?
« On n'imposera pas d'en haut, par la loi, une extension des 35 heures »
Mercredi soir, l'échange sur le nucléaire a été plutôt confus...
J'apporte une précision : le pourcentage de 17 % que j'ai évoqué représente la part du nucléaire dans la totalité de l'énergie consommée, et non la part de l'électricité produite par le nucléaire. Quant aux 50 % que Nicolas Sarkozy a cités, cela ne correspond à rien. Sur le fond, il ne sait ni que l'EPR, c'est la troisième génération du nucléaire, ni que les gisements d'uranium risquent d'être épuisés d'ici quelques dizaines d'années. Même sur le nucléaire iranien, il n'a pas maîtrisé le sujet, car, aujourd'hui, ce n'est pas le nucléaire militaire qui est en cause : la prolifération s'organise à partir du nucléaire civil.
Sur les 35 heures, vous avez dit qu'il n'y aurait pas généralisation automatique...
Une des révélations du débat a été l'acceptation par Nicolas Sarkozy de ce que les 35 heures constituent désormais en France la durée légale du travail, sur laquelle il ne reviendrait pas. Soit les 35 heures sont nocives à l'économie, comme le disent le Medef et le candidat sortant, et il faut qu'il ait le courage politique de les supprimer. Soit c'est un acquis social et une mesure qui a créé de l'emploi, comme je le crois, et il faut les défendre, même s'il faut tirer des leçons pour mieux faire.
Vous, vous avez admis que la deuxième loi sur les 35 heures avait été, pour le moins, brutale...
J'ai dit que la deuxième loi avait été précipitée et qu'il n'y aurait pas demain de généralisation des 35 heures aux PME sans accord des partenaires sociaux, branche par branche.
Cela veut dire quoi ?
Cela veut dire que le débat sera ouvert et que, s'il n'y pas d'accord, on n'imposera pas d'en haut, par la loi, une extension des 35 heures.
Y a-t-il encore aujourd'hui un vrai clivage droite-gauche sur les 35 heures ?
Non, puisque Nicolas Sarkozy s'est aligné sur ma position !
Vous avez aussi indiqué qu'il n'y aurait pas de régularisation systématique des sans-papiers...
Je le confirme. Les régularisations auront lieu sur des critères. Mais dans des conditions honnêtes : nous ne dirons pas, nous, avant l'examen des dossiers, combien il y aura, à l'arrivée, de personnes régularisées en créant autant de drames humains. Avec moi, les règles seront claires.
« J'ai trouvé Nicolas Sarkozy désinvolte »
Vous avez évoqué le cas de cette policière violée en Seine-Saint-Denis alors qu'elle regagnait son domicile après son service. Vous auriez souhaité qu'elle soit raccompagnée...
J'ai trouvé Nicolas Sarkozy désinvolte. D'autant que ce viol atroce avait été précédé, en mars, au même endroit, d'un autre viol. Et aucune disposition concrète de protection n'avait été prise entre-temps. Dans les quartiers ultrasensibles, je considère qu'il faut raccompagner la nuit les femmes policières - et peut-être même tous les policiers -, comme cela se fait déjà au Québec. On peut imaginer qu'une patrouille puisse faire un détour pour les redéposer chez elles.
Certains vous reprochent, à propos des enfants handicapés, d'avoir surjoué la colère...
La capacité d'indignation d'un responsable politique sur une telle question est une qualité et non pas un défaut. Je ne veux pas qu'on exploite la misère des gens pour faire de la commisération. Or, Nicolas Sarkozy donne de plus en plus dans ce registre. Il imite George W. Bush dans cette technique du compassionnel conservateur. On pleure sur les gens. On utilise les faits divers et, lorsqu'on est aux responsabilités, on n'agit pas pour le présent et on promet pour demain. Voyez les campagnes électorales de Bush, mais, quand il y a eu la catastrophe de La Nouvelle-Orléans, on ne l'a pas vu sur le terrain !
Il y aurait un parallèle entre Bush et Sarkozy ?
Il porte la même idéologie néoconservatrice. Il n'hésite pas à envisager de démanteler les services publics, alors qu'on a tant besoin d'infirmières, d'enseignants. Moi, je suis pour redéployer, pour bouger, mais pas pour supprimer.
Qu'auriez-vous envie de dire à ceux qui hésitent encore ?
Depuis des mois, il y a eu une campagne orchestrée par la droite mettant en doute ma compétence, voire m'accusant de fragilité. Je pense que le débat a permis de rétablir la vérité aux yeux de tous les Français. Tous ceux qui me connaissent le savent : je suis une femme solide, au clair sur mes convictions, capable de défendre les intérêts de la France. Aux indécis, je dis donc : « Ayez confiance. La France sera bien présidée et ses intérêts défendus. »
« Le seul sondage qui vaille, c'est le vote des Français »
Vous insistez sur le fait que vous souhaitez être la présidente d'une France apaisée. Vous suggérez qu'avec Nicolas Sarkozy, le pays connaîtrait des turbulences, voire des troubles ?
Je souhaite rassembler une majorité de Françaises et de Français sur mon pacte présidentiel et sur les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité. Je ne fais pas, comme Nicolas Sarkozy, de procès d'intention. Je pense, en effet, que ses propositions - qui consistent à privilégier toujours une catégorie au détriment des autres, à chercher en permanence un bouc émissaire, à ne pas être respectueux des Françaises et des Français, bref à jeter de l'huile sur le feu comme on l'a vu avec l'emploi de mots violents comme Kärcher - divisent et ne peuvent pas ramener la sérénité et la confiance dont nous avons besoin. La fermeté, ce n'est pas des mots, mais des actes !
Votre première décision dimanche si vous êtes élue ?
Ma première décision sera de constituer la meilleure équipe gouvernementale pour la France. Et, après, d'agir vite.
Le Premier ministre sera-t-il, comme l'assure François Hollande, socialiste ?
C'est l'hypothèse la plus probable, mais je ne m'interdis rien.
Quel sera votre premier chantier ?
Celui des emplois tremplins pour les jeunes. Je réunirai tout de suite les présidents de région et je leur dirai de mettre en place tout de suite, en concertation avec l'Etat et les chefs d'entreprise, le premier volet du plan prévu pour cinq ans et qui doit conduire à la création de 500 000 emplois. Sans oublier les contrats première chance pour les jeunes sans qualification. Et puis nous réunirons très vite la conférence nationale sur les salaires pour décider rapidement de la revalorisation du smic, des petites retraites et aussi des bas salaires afin que la hiérarchie des salaires ne soit pas écrasée. Il faut redonner confiance aux acteurs économiques de notre pays et faire repartir la croissance. Je m'y engage. Et puis je préparerai la rentrée scolaire pour que, dès septembre, la priorité éducative soit une réalité.
« Avec moi, vous avez tout à gagner »
Tous les sondages disent que Nicolas Sarkozy va gagner...
Ah, les sondages ! Pour moi, le seul qui vaille, c'est le vote des Français. A ceux qui n'ont pas encore choisi, je dis : « Avec moi, il n'y a aucun risque, vous avez tout à gagner. » La France, si je suis élue, sera une France rayonnante et confiante dans son avenir. Je m'appuierai sur la majorité la plus large possible, car il faut sortir de l'affrontement bloc contre bloc. Je travaillerai avec tous ceux qui m'ont soutenue ou dont les idées convergent largement avec mon projet. Je tiendrai compte du vote des Français. Et notamment de celui qui s'est exprimé au premier tour. On ne peut pas faire comme si François Bayrou n'avait pas réuni sur son nom plusieurs millions d'électeurs. Une démocratie moderne, c'est aussi cette capacité à sortir de l'affrontement systématique.
Si vous êtes élue, avec quel partenaire européen souhaitez-vous établir en premier le contact ?
Tout de suite, avec la chancelière allemande Angela Merkel. A cause de l'Europe qu'il faut relancer.

Interview réalisée par Philippe Martinat, Dominique de Montvalon et Nathalie Segaunes Photos : Philippe de Poulpiquet Le Parisien , vendredi 04 mai 2007

vendredi 4 mai 2007

Réaction citoyenne


Face au hold-up électoral par sondages de connivence, opposons le boycott symbolique par "l'écran noir"
Ce soir à 20 heures précises, éteignons nos postes de télévision pendant 5 minutes.
Si possible, éteignons toutes nos lampes. Pour conjurer le mauvais sort d'une France aux mains de la mafia politico-médiatico-financière.
Tous à notre télécommande ce soir à 20h.
Ne laissons pas nous voler la victoire de la France Présidente.
Tenez bon et votez juste dimanche.

Le Collectif sauvons la France.

jeudi 3 mai 2007

Bayrou ne votera pas pour Sarkozy


Royal voit un signe dans la décision de Bayrou


Ségolène Royal est «très satisfaite» de la décision de François Bayrou de ne pas voter Sarkozy • Elle réitère son ouverture au centre.

Ségolène Royal est satisfaite. «Très satisfaite» même de la décision de Bayrou de ne pas voter Sarkozy. Saluant le courage du centriste, et priée de dire si un appel à voter de la part de Bayrou serait positif pour elle, elle a répondu par l’affirmative: «Oui, ça serait bien».
Sur le même sujet
François Bayrou «ne votera pas Sarkozy»
VIDEO Revoir le débat
La transcription exhaustive du débat
«Elle est arrivée à le mettre en difficulté»
Royal, sans l'ombre d'un doute
Sarkozy, de la retenue et des automatismes
Un débat enfin d'époque
Editorial Légitime
Polémique autour du sondage post-débat
En campagne dans le Nord, la candidate a donné sa propre analyse des propos du président de l’UDF: «Chacun a compris ce qu’il voulait dire, et comme je n’imagine pas qu’il puisse s’abstenir compte tenu de l’enjeu, je crois que les choses sont subtilement dites».Elle a réitéré son désir de travailler avec les centristes: «Si je suis élue, je travaillerai avec le centre en général et François Bayrou en particulier». «Je suis prête à accomplir ce rassemblement, cet élargissement vers le centre. J’entends ce courage, j’entends la prise de position qu’il vient d’exprimer et en tout cas j’en tiendrai compte».François Bayrou a déclaré au quotidien Le Monde qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au second tour, sans préciser toutefois s’il opterait pour le bulletin blanc ou pour Ségolène Royal.

mercredi 2 mai 2007

Le débat vu par France2

Publié le 03/05 à 00:18
Sarkozy-Royal: débat courtois, mais mordant


Le face-à-face télévisé entre les deux candidats, sur France 2 et france2.fr, a duré près de 2h40 mercredi soir
Débat du deuxième tour entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy le 2 mai 2007
Les échanges se sont révélés tendus et sans concession, les deux candidats haussant le ton à plusieurs reprises, notamment sur les questions de l'insécurité, de la délinquance, des 35 heures ou encore de l'aide aux enfants scolarisés handicapés.Le débat, entamé à 21h00, a largement débordé des deux heures prévues pour s'achever à 23h39.
D'une manière générale, Ségolène Royal s'est montrée putôt offensive, alors que Nicolas Sarkozy a voulu afficher calme et pondération, comme pour contredire l'image de grand nerveux que lui affublent ses détracteurs. Le candidat UMP s'est même payé le luxe d'accuser sa rivale de "perdre ses nerfs" lors d'une de leurs joutes verbales.Conformément au tirage au sort effectué au CSA, Nicolas Sarkozy a pris la parole en premier et Ségolène Royal a conclu. Dans un studio de Boulogne-Billancourt, Arlette Chabot (France 2) et Patrick Poivre d'Arvor (TF1) animaient le face-à-face, censé initialement s'articuler autour de "quatre grands chapitres" mais parfois désordonné vu l'âpreté des propos.Les deux prétendants à l'Elysée se faisaient face devant une table carrée, à deux mètres l'un de l'autre, dans un studio de 200 m2 vide de tout public, dont le décor avait été comparé à "un ring de boxe" par le réalisateur de l'émission Jérôme Revon.

Le déroulement du débat
Le débat télévisé a débuté par la présentation, par chacun des candidats, de leur vision de la fonction présidentielle et de leur objectif prioritaire après leur accession à l'Elysée.Prenant la parole en premier, Nicolas Sarkozy a émis le souhait de "tirer les conséquences des tsunamis politiques" des cinq dernières années, à savoir le 21 avril 2002 et le non au référendum européen. "Je veux des résultats, je veux promettre aux Français des droits réels, non virtuels (...) La passion de ma vie porte un nom, c'est l'action."Ségolène Royal s'est engagée pour sa part à "sortir la France de la situation dans laquelle elle se trouve", à "réduire la dette, la pauvreté", lutter pour la défense du pouvoir d'achat, notamment celui des retraités "qui a baissé", combattre "toutes les formes d'insécurité au quotidien".Elle a critiqué le gouvernement sortant sur son bilan économique et sécuritaire. "Je veux être la présidente de la République qui va faire une France où l'agressivité et les violences reculent, qui va faire une France qui va gagner la bataille contre le chômage et contre la vie chère, qui va permettre que reculent les inégalités."Polémique sur l'insécurité"Je crois que toutes ces formes d'insécurité au quotidien, sociale, appellent de nouvelles règles du jeu, un nouveau système politique, des responsables politiques plus efficaces qu'ils ne l'ont été au cours des 5 dernières années et même au-delà sans doute", a ajouté Mme Royal.Cette allusion au bilan du gouvernement sortant, dans lequel Nicolas Sarkozy a été partie prenante, n'a pas manqué de faire réagir l'ancien ministre de l'Intérieur. Les deux adversaires se sont renvoyés la responsabilité de la hausse des violences, à coups de pourcentages. Ségolène Royal a aussi reproché à l'ancien ministre de l'Intérieur de ne pas avoir tenu certains engagements : "Le commissariat de Clichy que vous avez promis n'est toujours pas ouvert", a-t-elle notamment lancé."Est-ce je suis responsable d'une partie du bilan du gouvernement ? Oui, Mme Royal. Vous avez parlé des violences, je suis responsable, j'ai été le ministre de l'Intérieur pendant quatre ans", a concédé Nicolas Sarkozy. "J'ai trouvé une situation qui était catastrophique et qui était pour beaucoup dans la défaite de vos amis (...). Si, en 2002, les Français n'ont même pas qualifié le Premier ministre que vous souteniez pour le deuxième tour, il y avait bien une raison: c'est parce que la délinquance et la violence avaient explosé", a-t-il contre-attaqué.35h et heures supplémentairesLes 35 heures ont été "une catastrophe généralisée pour l'économie française" et en particulier pour l'hôpital, selon le candidat UMP. Tout en reconnaissant que la deuxième loi sur les 35h avait été "trop rigide", Mme Royal lui a rétorqué que malgré tout le mal qu'elle pensait de cette réforme, la droite n'avait pas supprimé les 35 heures.Elle affirmé que si elle est élue ce sont "les partenaires sociaux qui devront se mettre d'accord" par branches sur les 35h. Faute d'accord entre eux" il n'y aura pas de généralisation des 35h", a-t-elle assuré.En outre, la candidate socialiste a réfuté comme "un nouveau cadeau aux entreprises sans contrepartie, qui va coûter 5 milliards d'euros" la proposition de Nicolas Sarkozy d'exonérer de charges les heures supplémentaires au-dessus de 35h. Elle a estimé que cela ne va pas aider l'emploi car les entreprises vont demander aux salariés de faire des heures supplémentaires plutôt que de recruter.Aupravant, Mme Royal avait promis de financer le désendettement de la France par la croissance économique en aidant davantage les PME. Elle s'est également engagée à consacrer au remboursement de la dette publique du pays "tout ce qui sera au-dessus de 2,5% de croissance (par an)".Le dossier sensible des retraitesSur cette "question centrale", Nicolas Sarkozy s'est engagé à garantir la pérennité des lois Fillon. Il a réaffirmé en outre sa volonté de "réformer les régimes spéciaux" au nom du principe d'"égalité" qui figure dans la devise de l'Etat. "Pourquoi certains cotisent-ils 37 ans et demi et d'autres 40 ans ?", a-t-il demandé. Il a promis d'augmenter les petites retraites de 25% et revoir la situation des pensions de reversion, promettant de faire passer leur taux de 54% à 60%.Mme Royal a répliqué : "Vous voulez financer l'augmentation des petites retraites par la réforme des régimes spéciaux. Or, vous savez bien que la réforme des régimes spéciaux va prendre un certain temps. Moi je ne veux pas perdre de temps, je veux les augmenter tout de suite." Elle a proposé pour ce faire de "remettre à plat les lois Fillon" et de mettre en place "une taxe sur les revenus boursiers" pour financer le fonds de retraites.Les deux adversaires se sont affrontés alors sur les détails du financement. Nicolas Sarkozy a reproché à sa contradictrice "de ne pas donner le montant de la taxe" qu'elle veut créer et de se contenter d'annoncer la "remise à plat de la loi Fillon". Ségolène Royal a répliqué que "remettre à plat la loi Fillon", ce n'était pas la démanteler. Contrairement au candidat UMP, elle se refuse à "uniformiser les durées de cotisation". "Je veux seulement mettre fin aux injustices les plus criantes, en matière de pénibilité du travail et sur les injustices faites aux femmes." Sur la future taxe boursière qui financera les retraites, elle préfère d'abord "évaluer les recettes qu'apportera la croissance".Sarkozy qualifié d'"approximatif" sur le nucléaireLe nucléaire a provoqué une montée de tension entre les deux candidats. Nicolas Sarkozy, qui sondait Ségolène Royal concernant sa position sur le nucléaire et sur l'EPR, s'est fait tancer par la candidate qui l'a invité à "réviser un peu son sujet" après avoir proféré selon elle "une série d'erreurs".Invité à dire combien le nucléaire constituait de la consommation d'électricité en France, M.Sarkozy a répondu 50%, ce que Mme Royal a contesté, le ramenant à 17%. Mais c'est surtout au sujet de l'EPR que le candidat de l'UMP s'est fait reprendre. Alors qu'il qualifiait l'EPR de "centrale", elle l'a accusé de tout confondre puisqu'il s'agit d'un prototype. Et de quelle génération est l'EPR, a-t-elle demandé ? "De quatrième génération", a-t-il répondu. "Non, de 3e génération", l'a-t-elle rectifié.Vif échange sur le bouclier fiscal"Tout est possible, même le pire", a lancé mercredi Ségolène Royal a Nicolas Sarkozy, à propos du bouclier fiscal en vigueur depuis le 1er janvier, selon lequel un contribuable ne peut payer plus de 60% de ses revenus en impôts. La candidate a pris l'exemple d'une "riche héritière" ayant touché un chèque de 7 millions d'euros en vertu de ce bouclier fiscal."Je vais regarder ce cas bien volontiers", lui a répondu Nicolas Sarkozy. "Ce n'est pas un cas, c'est la conséquence de ce que vous avez fait voter!", lui a lancé Ségolène Royal sur un ton vif. "Non, parce que moi je propose, c'est pire, je...", a repris Nicolas Sarkozy."C'est pire ? Vous avez raison, tout est possible, même le pire!", a rétorqué la candidate socialiste, ironisant sur le slogan de campagne de son rival "Ensemble, tout devient possible".Le candidat de l'UMP s'est engagé s'il est élu à abaisser le niveau de bouclier fiscal à 50%. "Mais c'est très injuste", a rétorqué Mme Royal, qui propose de supprimer ce bouclier fiscal.La question de l'éducationNicolas Sarkozy a réitéré son ambition de ramener "le respect" et "le mérite" au sein de l'école. Il a énoncé son projet de permettre à "tous les jeunes" de "pouvoir rester en étude après les cours". "Cela réglera la question du pouvoir d'achat des enseignants", a souri le candidat UMP. Il a évoqué la réforme de la carte scolaire car "ce n'est pas normal qu'on soit le seul pays où l'on ne puisse pas choisir l'école de son enfant". Il a prôné enfin "une nouvelle pratique de l'évaluation", afin que les parents puissent juger le niveau de l'école de leur enfant. Un peu plus tard, revenant sur les questions de discipline, le candidat UMP a affirmé son voeu de lutter contre "l'absentéisme", souhaité "que les familles signent le réglement intérieur de l'école", et a proposé "que les allocations familiales des parents défaillants soient mises sous tutelle".De son côté, Ségolène Royal a prôné un "pacte éducatif", déploré "la suppression de plus de 100.000 emplois en 5 ans" -ce que son adversaire a contesté, annoncé la mise en place d'un "service public de la petite enfance avant l'âge de 3 ans", promis le retour des emplois jeunes dans l'Education nationale ("supprimés par le gouvernemnt sortant") et l'instauration d'un "soutien scolaire gratuit et individualisé dès la rentrée prochaine".Accrochage sur l'enfance handicapéeAlors que Nicolas Sarkozy, dans le cadre du débat sur l'éducation, avait évoqué la question de l'enfance handicapée, Ségolène Royal a fustigé un "summum d'immoralité politique". Ellle s'est déclarée "scandalisée" par les propos de son rival sur l'accueil d'enfants handicapés dans les écoles, car selon elle, Nicolas Sarkozy a décrit "la larme à l'oeil" la situation des handicapés alors que c'est le gouvernement UMP "a supprimé" les aides pour les handicapés.Durant ce vif échange, le candidat UMP a reproché à sa rivale du PS d'avoir "perdu ses nerfs", ce qu'elle a nié, affirmant : "Je ne perds pas mes nerfs, je suis en colère, il y a des colères très saines (...) Je ne m'énerve pas, je me révolte car j'ai gardé ma capacité de révolte intacte." "Je ne mets pas en cause votre sincérité, alors ne mettez pas en cause ma moralité", a lancé Nicolas Sarkozy à sa concurrente.Les conclusions de chacun"Le mot fatalité ne fait pas partie de mon vocabulaire", a conclu Nicolas Sarkozy. "Je veux agir, passionnément, agir pour mon pays. Je veux faire en France les changements que d'autres ont fait dans d'autres pays. Il n'y a aucune raison qu'on n'ait pas le plein emploi, qu'on ne maitrise pas l'immigration. Je veux que les travailleurs soient respectés, considérés. Je ne crois pas à l'assistanat (...). Je crois au mérite, à l'effort, à la récompense, à la promotion sociale. (...) Ce que j'ai dit je le ferai. (...) C'est un don de soi, c'est une véritable ascèse.""Je veux être au service de la France", a conclu pour sa part Ségolène Royal. "Je tiens à des valeurs fondamentales. Le travail sera payé à sa juste valeur. (...) Je veux construire une France paisible ou l'on pourra réformer sans brutaliser ou jamais je n'opposerai les Français les uns contre les autres. (...) Je ferai tout pour sauver la sécurité sociale aujourd'hui menacée. Je veux une France créative, une France imaginative et je veux construire avec vous une France présidente."

La leçon de choses de Mme la Présidente.

Désirs d'avenir - Le site officiel de Ségolène Royal