mardi 8 mai 2007

Le train de vie de l'Etat: Sarkozy mène large





Nicolas Sarkozy en vacances de luxe à Malte


Le vainqueur de la présidentielle est parti quelques jours sur un yacht, appartenant à Vincent Bolloré au large des côtes maltaises. Prix théorique de la location : près de 200.000 euros la semaine.

Nicolas Sarkozy et son fils Louis à bord d'un yacht, au large de Malte (Reuters)
Loin des médias et des paparazzi, le président élu français Nicolas Sarkozy s'offrait mardi 8 mai quelques moments de détente en mer et sous le soleil au large de Malte, en compagnie de son épouse Cécilia et de leur fils Louis.C'est à bord d'un jet privé que le nouveau chef de l'Etat français avait atterri lundi après-midi à l'aéroport international de la petite île méditerranéenne avec son épouse, leur fils de 10 ans et plusieurs gardes du corps.Le petit avion, un Falcon 900 EX, est immatriculé F-HBOL, a constaté le correspondant de l'AFP, et appartient à l'homme d'affaires français Vincent Bolloré, selon le registre des immatriculations disponibles sur le site internet de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).Le jet privé se trouvait toujours à l'aéroport de Malte mardi après-midi, laissant penser qu'il pourrait être réutilisé pour le retour à Paris de Nicolas Sarkozy.De retour jeudiNicolas Sarkozy sera de retour à Paris jeudi matin pour assister aux cérémonies de commémoration de l'abolition de l'esclavage, a affirmé à l'AFP son ancien directeur de campagne Claude Guéant.Selon le site internet du mensuel Capital, le yacht privé long de 60 mètres sur lequel Nicolas Sarkozy et sa famille ont embarqué dès leur arrivée à Malte appartiendrait également à M. Bolloré.Il pourrait s'agir du "Paloma", yacht de luxe immatriculé en France et pouvant accueillir douze personnes, dont le prix de location à la semaine en haute saison frôle les 200.000 euros.Après avoir longé les côtes du sud de l'île lundi après-midi, le yacht avait mouillé durant la nuit dans une baie puis a repris la mer tôt mardi matin.L'agence italienne Ansa a affirmé dans l'après-midi que Nicolas Sarkozy faisait route vers la Sicile, située à quelque 80 km de Malte, et qu'il pourrait faire halte à Taormina ou à Syracuse."L'arrivée de M. Sarkozy lundi n'était pas annoncée et aucune rumeur n'avait précédé son arrivée. Il a aussitôt pris la mer avec sa famille et ses gardes du corps. Nous n'en savons pas plus pour l'instant. Certains disent qu'il va rester au large de Malte, d'autres qu'il a l'intention d'aller en Sicile, à Syracuse", a indiqué à l'AFP un journaliste maltais.Les Maltais étaient un peu frustrés de ne pas pouvoir apercevoir le nouveau président français."Compte tenu de l'intérêt des Français pour la culture, il aurait pu profiter de notre patrimoine", a déclaré à l'AFP un habitant, John Agius."Après une campagne électorale éreintante, on imagine facilement qu'il avait envie de petites vacances au calme et en privé", a commenté un autre Maltais, Joseph Borg.Hollande trouve cela "normal"Un repos que le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a jugé mardi normal."Chacun peut partir en vacances, ça ne me gêne pas", a-t-il dit au micro de RTL. "Je trouve normal qu'après une campagne difficile aussi pour lui il ait besoin de repos".Selon l'agence italienne Ansa, le gouvernement maltais a été prévenu à la dernière minute de l'arrivée de Nicolas Sarkozy.L'Ansa a affirmé que Nicolas Sarkozy avait déclaré au responsable du protocole venu l'accueillir qu'il était "ici pour réparer une gaffe et faire amende honorable".Dans un discours de campagne, Nicolas Sarkozy avait parlé de sa volonté de renforcer le front méditerranéen à l'intérieur de l'Union européenne en omettant de citer Malte, ce qui n'avait pas manqué d'être relevé par l'ambassadeur maltais à Paris.Aucune photo ou déclaration du président élu ne figurait dans les quotidiens maltais, selon lesquels Nicolas Sarkozy et sa famille devaient éviter au maximum tout contact avec les médias.Le nouveau président avait fait part de son souhait de s'accorder quelques jours de retraite avant son investiture le 16 mai.Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP, a été élu par 53,06% des voix contre 46,94% à sa rivale socialiste Ségolène Royal, lors d'une élection qui a vu une très forte participation (84%). (AFP)

samedi 5 mai 2007

Il n'y a pas qu'en France qu'on met en garde contre le danger Sarkozy

Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux


J usque-là, nous ne l'avions pas écrit. Parce qu'il demeure exceptionnel que Le Soir prenne position dans une élection, comme il l'avait fait pour soutenir John Kerry face à George Bush aux Etats-Unis.
Cette fois pourtant, on ne peut plus rester sans le dire. Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux. Parce que le candidat de l'UMP à l'Elysée a franchi la ligne rouge. Ses propos sur le caractère inné de la pédophilie ou de la tendance suicidaire bouleversent tous les principes de l'humanisme. La société ne servirait donc à rien ? A quoi bon alors l'éducation, la famille, l'amour, l'apprentissage de la tolérance, si le seul destin décide de faire d'un homme un héros ou un monstre ? Ses propos sur l'Allemagne, prédisposée à s'abandonner au nazisme, sont tout aussi écoeurants. Et que dire de cette phrase, entendue en meeting : « La France n'a pas à rougir de son Histoire. Elle n'a pas inventé la solution finale. » Aurait-il oublié que la France a collaboré ? Que Vichy a livré des Juifs aux nazis ? Jacques Chirac a beaucoup de torts. Mais il a eu ce courage, lui, de reconnaître la responsabilité de l'Etat français pour la collaboration.

Ce virage complète chez Nicolas Sarkozy une posture résolument populiste. Combien de fois, lorsqu'il était à l'Intérieur, n'a-t-il pas accusé les juges de ne pas en faire assez, violant ouvertement la séparation des pouvoirs ? Sa mainmise sur les médias ne laisse pas d'inquiéter, elle aussi, obtenant ici le limogeage d'un directeur dérangeant, discutant là de l'embauche d'un journaliste chargé de couvrir l'UMP. Et que dire de ses déplacements de campagne ? Non seulement il ne peut plus se rendre en banlieue, là où Jean-Marie Le Pen se promène désormais, mais même dans des quartiers moins chauds comme la semaine dernière à la Croix-Rousse à Lyon, il doit reculer par crainte des manifestants.
« Prendre des voix au Front national, est-ce mal ? », interroge Nicolas Sarkozy. Non, bien sûr, au contraire. Mais à condition de ne pas séduire ses électeurs avec les mêmes mots. Au soir du premier tour, le candidat de l'UMP se félicitera peut-être d'avoir asséché le terreau électoral de Jean-Marie Le Pen. Mais à quel prix ? Celui, affolant, d'une lepénisation des esprits.

Joëlle Meskens

Eclairages sur le débat du 2 Mai 2007


« Je m'appuierai sur la majorité la plus large possible »
Au lendemain de son débat télévisé musclé avec Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a reçu « le Parisien » et « Aujourd'hui en France ». Elle explique ce qu'elle fera si elle est élue dimanche soir.

AU LENDEMAIN de son face-à-face télévisé avec Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal apparaît hier matin, dans son quartier général du boulevard Saint-Germain à Paris (VIIe arrondissement), tranquille et déterminée. Tranquille comme une candidate qui, non contente d'avoir le 22 avril accédé au second tour, a fait mercredi soir devant tous la démonstration de sa pugnacité, elle que beaucoup jugeaient incompétente et d'abord fragile. Déterminée comme une femme qui se sent, au final, poussée par une « vraie ferveur populaire » et croit toujours, n'en déplaise aux sondages, qu'elle peut gagner sur le fil dimanche. Alors que François Bayrou a confirmé hier qu'il ne voterait pas Sarkozy, elle rêve de disposer à l'Assemblée, au-delà des clivages habituels, de « la majorité la plus large possible ». « Avec moi, martèle-t-elle, visant implicitement son rival, il n'y a aucun risque. Vous avez tout à gagner... » Réponse dimanche à 20 heures. Quel est, chez vous, le sentiment dominant après le débat télévisé de jeudi soir ?Ségolène Royal.J'ai défendu mes idées.Vous n'avez aucun regret ? On a toujours des regrets après un débat, parce qu'on n'a pas dit tout ce qu'on aurait voulu dire. Mais, globalement, ce débat a été éclairant sur le choix qui s'offre dimanche aux Français entre deux projets de société, deux visions de la France.
Comment vous est apparu Nicolas Sarkozy ? Sur la défensive. Et, parfois, j'ai eu l'impression qu'il était en difficulté. Je pense notamment à nos échanges sur la sécurité, l'environnement, le nucléaire, la scolarisation des enfants handicapés. Ce dernier sujet est, pour moi, révélateur d'un certain comportement politique dont les Français ne veulent plus.Nicolas Sarkozy dit qu'il vous a trouvée agressive... C'est son habitude de se sentir agressé dès qu'on n'est pas d'accord avec lui. Or, c'est simplement le débat politique qui doit être mené avec conviction et passion. Car je crois profondément à la politique.Vous, vous n'estimez pas avoir été agressive ? Non, j'ai rempli mon rôle. Avec la volonté qu'on comprenne qu'avec moi, les intérêts des Français seront bien défendus et que je ne me laisserai pas faire.Votre stratégie était, à vos yeux, la bonne ? Je voulais que ce débat montre clairement quel est l'enjeu de dimanche et notamment en quoi Nicolas Sarkozy est responsable du bilan du gouvernement actuel. Je voulais aussi montrer la démagogie de certaines de ses propositions. Ainsi, après avoir visité un foyer de femmes battues sans papiers, il leur a promis la régularisation. Comme je n'imagine pas que le propos ne valait que pour ce foyer-là - ou alors l'impartialité de l'Etat serait remise en cause - ,vous imaginez jusqu'où sa promesse peut conduire ! D'autant qu'il a promis aussi un autre jour la nationalité française à toutes les femmes martyrisées du monde. Ce qui doit représenter au moins 200 millions de personnes ! Soit Nicolas Sarkozy promet n'importe quoi, soit il n'est pas responsable. Combien de promesses, en réalité, pourrait-il tenir ? Sûrement pas ses promesses d'allègements fiscaux, qui dépassent de loin ce que Margaret Thatcher a fait en dix ans de pouvoir et qui conduirait à la ruine des services publics. Et puis son programme est rempli d'injustices. Je ne citerai que le bouclier fiscal, qui consiste à rembourser une partie de l'impôt des plus riches contribuables, comme cette riche héritière qui vient de récupérer plus de 7 millions d'euros.
Un échange a beaucoup frappé. Nicolas Sarkozy vous a reproché de perdre vos nerfs et vous lui avez répondu qu'il y a des indignations, même pour un chef d'Etat, sincères et saines...
C'était un temps fort, oui. Je porte des convictions. Je ne suis pas dans le calcul. Le sort réservé aux élèves handicapés à l'école ne peut laisser personne indifférent. J'avais imposé l'accueil des enfants trisomiques à l'école maternelle et, aujourd'hui, le gouvernement est revenu en arrière et on ne veut plus d'eux : est-ce que cette situation scandaleuse, cette souffrance des familles ne méritent pas du coeur et de l'indignation ?
« On n'imposera pas d'en haut, par la loi, une extension des 35 heures »
Mercredi soir, l'échange sur le nucléaire a été plutôt confus...
J'apporte une précision : le pourcentage de 17 % que j'ai évoqué représente la part du nucléaire dans la totalité de l'énergie consommée, et non la part de l'électricité produite par le nucléaire. Quant aux 50 % que Nicolas Sarkozy a cités, cela ne correspond à rien. Sur le fond, il ne sait ni que l'EPR, c'est la troisième génération du nucléaire, ni que les gisements d'uranium risquent d'être épuisés d'ici quelques dizaines d'années. Même sur le nucléaire iranien, il n'a pas maîtrisé le sujet, car, aujourd'hui, ce n'est pas le nucléaire militaire qui est en cause : la prolifération s'organise à partir du nucléaire civil.
Sur les 35 heures, vous avez dit qu'il n'y aurait pas généralisation automatique...
Une des révélations du débat a été l'acceptation par Nicolas Sarkozy de ce que les 35 heures constituent désormais en France la durée légale du travail, sur laquelle il ne reviendrait pas. Soit les 35 heures sont nocives à l'économie, comme le disent le Medef et le candidat sortant, et il faut qu'il ait le courage politique de les supprimer. Soit c'est un acquis social et une mesure qui a créé de l'emploi, comme je le crois, et il faut les défendre, même s'il faut tirer des leçons pour mieux faire.
Vous, vous avez admis que la deuxième loi sur les 35 heures avait été, pour le moins, brutale...
J'ai dit que la deuxième loi avait été précipitée et qu'il n'y aurait pas demain de généralisation des 35 heures aux PME sans accord des partenaires sociaux, branche par branche.
Cela veut dire quoi ?
Cela veut dire que le débat sera ouvert et que, s'il n'y pas d'accord, on n'imposera pas d'en haut, par la loi, une extension des 35 heures.
Y a-t-il encore aujourd'hui un vrai clivage droite-gauche sur les 35 heures ?
Non, puisque Nicolas Sarkozy s'est aligné sur ma position !
Vous avez aussi indiqué qu'il n'y aurait pas de régularisation systématique des sans-papiers...
Je le confirme. Les régularisations auront lieu sur des critères. Mais dans des conditions honnêtes : nous ne dirons pas, nous, avant l'examen des dossiers, combien il y aura, à l'arrivée, de personnes régularisées en créant autant de drames humains. Avec moi, les règles seront claires.
« J'ai trouvé Nicolas Sarkozy désinvolte »
Vous avez évoqué le cas de cette policière violée en Seine-Saint-Denis alors qu'elle regagnait son domicile après son service. Vous auriez souhaité qu'elle soit raccompagnée...
J'ai trouvé Nicolas Sarkozy désinvolte. D'autant que ce viol atroce avait été précédé, en mars, au même endroit, d'un autre viol. Et aucune disposition concrète de protection n'avait été prise entre-temps. Dans les quartiers ultrasensibles, je considère qu'il faut raccompagner la nuit les femmes policières - et peut-être même tous les policiers -, comme cela se fait déjà au Québec. On peut imaginer qu'une patrouille puisse faire un détour pour les redéposer chez elles.
Certains vous reprochent, à propos des enfants handicapés, d'avoir surjoué la colère...
La capacité d'indignation d'un responsable politique sur une telle question est une qualité et non pas un défaut. Je ne veux pas qu'on exploite la misère des gens pour faire de la commisération. Or, Nicolas Sarkozy donne de plus en plus dans ce registre. Il imite George W. Bush dans cette technique du compassionnel conservateur. On pleure sur les gens. On utilise les faits divers et, lorsqu'on est aux responsabilités, on n'agit pas pour le présent et on promet pour demain. Voyez les campagnes électorales de Bush, mais, quand il y a eu la catastrophe de La Nouvelle-Orléans, on ne l'a pas vu sur le terrain !
Il y aurait un parallèle entre Bush et Sarkozy ?
Il porte la même idéologie néoconservatrice. Il n'hésite pas à envisager de démanteler les services publics, alors qu'on a tant besoin d'infirmières, d'enseignants. Moi, je suis pour redéployer, pour bouger, mais pas pour supprimer.
Qu'auriez-vous envie de dire à ceux qui hésitent encore ?
Depuis des mois, il y a eu une campagne orchestrée par la droite mettant en doute ma compétence, voire m'accusant de fragilité. Je pense que le débat a permis de rétablir la vérité aux yeux de tous les Français. Tous ceux qui me connaissent le savent : je suis une femme solide, au clair sur mes convictions, capable de défendre les intérêts de la France. Aux indécis, je dis donc : « Ayez confiance. La France sera bien présidée et ses intérêts défendus. »
« Le seul sondage qui vaille, c'est le vote des Français »
Vous insistez sur le fait que vous souhaitez être la présidente d'une France apaisée. Vous suggérez qu'avec Nicolas Sarkozy, le pays connaîtrait des turbulences, voire des troubles ?
Je souhaite rassembler une majorité de Françaises et de Français sur mon pacte présidentiel et sur les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité. Je ne fais pas, comme Nicolas Sarkozy, de procès d'intention. Je pense, en effet, que ses propositions - qui consistent à privilégier toujours une catégorie au détriment des autres, à chercher en permanence un bouc émissaire, à ne pas être respectueux des Françaises et des Français, bref à jeter de l'huile sur le feu comme on l'a vu avec l'emploi de mots violents comme Kärcher - divisent et ne peuvent pas ramener la sérénité et la confiance dont nous avons besoin. La fermeté, ce n'est pas des mots, mais des actes !
Votre première décision dimanche si vous êtes élue ?
Ma première décision sera de constituer la meilleure équipe gouvernementale pour la France. Et, après, d'agir vite.
Le Premier ministre sera-t-il, comme l'assure François Hollande, socialiste ?
C'est l'hypothèse la plus probable, mais je ne m'interdis rien.
Quel sera votre premier chantier ?
Celui des emplois tremplins pour les jeunes. Je réunirai tout de suite les présidents de région et je leur dirai de mettre en place tout de suite, en concertation avec l'Etat et les chefs d'entreprise, le premier volet du plan prévu pour cinq ans et qui doit conduire à la création de 500 000 emplois. Sans oublier les contrats première chance pour les jeunes sans qualification. Et puis nous réunirons très vite la conférence nationale sur les salaires pour décider rapidement de la revalorisation du smic, des petites retraites et aussi des bas salaires afin que la hiérarchie des salaires ne soit pas écrasée. Il faut redonner confiance aux acteurs économiques de notre pays et faire repartir la croissance. Je m'y engage. Et puis je préparerai la rentrée scolaire pour que, dès septembre, la priorité éducative soit une réalité.
« Avec moi, vous avez tout à gagner »
Tous les sondages disent que Nicolas Sarkozy va gagner...
Ah, les sondages ! Pour moi, le seul qui vaille, c'est le vote des Français. A ceux qui n'ont pas encore choisi, je dis : « Avec moi, il n'y a aucun risque, vous avez tout à gagner. » La France, si je suis élue, sera une France rayonnante et confiante dans son avenir. Je m'appuierai sur la majorité la plus large possible, car il faut sortir de l'affrontement bloc contre bloc. Je travaillerai avec tous ceux qui m'ont soutenue ou dont les idées convergent largement avec mon projet. Je tiendrai compte du vote des Français. Et notamment de celui qui s'est exprimé au premier tour. On ne peut pas faire comme si François Bayrou n'avait pas réuni sur son nom plusieurs millions d'électeurs. Une démocratie moderne, c'est aussi cette capacité à sortir de l'affrontement systématique.
Si vous êtes élue, avec quel partenaire européen souhaitez-vous établir en premier le contact ?
Tout de suite, avec la chancelière allemande Angela Merkel. A cause de l'Europe qu'il faut relancer.

Interview réalisée par Philippe Martinat, Dominique de Montvalon et Nathalie Segaunes Photos : Philippe de Poulpiquet Le Parisien , vendredi 04 mai 2007

vendredi 4 mai 2007

Réaction citoyenne


Face au hold-up électoral par sondages de connivence, opposons le boycott symbolique par "l'écran noir"
Ce soir à 20 heures précises, éteignons nos postes de télévision pendant 5 minutes.
Si possible, éteignons toutes nos lampes. Pour conjurer le mauvais sort d'une France aux mains de la mafia politico-médiatico-financière.
Tous à notre télécommande ce soir à 20h.
Ne laissons pas nous voler la victoire de la France Présidente.
Tenez bon et votez juste dimanche.

Le Collectif sauvons la France.

jeudi 3 mai 2007

Bayrou ne votera pas pour Sarkozy


Royal voit un signe dans la décision de Bayrou


Ségolène Royal est «très satisfaite» de la décision de François Bayrou de ne pas voter Sarkozy • Elle réitère son ouverture au centre.

Ségolène Royal est satisfaite. «Très satisfaite» même de la décision de Bayrou de ne pas voter Sarkozy. Saluant le courage du centriste, et priée de dire si un appel à voter de la part de Bayrou serait positif pour elle, elle a répondu par l’affirmative: «Oui, ça serait bien».
Sur le même sujet
François Bayrou «ne votera pas Sarkozy»
VIDEO Revoir le débat
La transcription exhaustive du débat
«Elle est arrivée à le mettre en difficulté»
Royal, sans l'ombre d'un doute
Sarkozy, de la retenue et des automatismes
Un débat enfin d'époque
Editorial Légitime
Polémique autour du sondage post-débat
En campagne dans le Nord, la candidate a donné sa propre analyse des propos du président de l’UDF: «Chacun a compris ce qu’il voulait dire, et comme je n’imagine pas qu’il puisse s’abstenir compte tenu de l’enjeu, je crois que les choses sont subtilement dites».Elle a réitéré son désir de travailler avec les centristes: «Si je suis élue, je travaillerai avec le centre en général et François Bayrou en particulier». «Je suis prête à accomplir ce rassemblement, cet élargissement vers le centre. J’entends ce courage, j’entends la prise de position qu’il vient d’exprimer et en tout cas j’en tiendrai compte».François Bayrou a déclaré au quotidien Le Monde qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au second tour, sans préciser toutefois s’il opterait pour le bulletin blanc ou pour Ségolène Royal.

mercredi 2 mai 2007

Le débat vu par France2

Publié le 03/05 à 00:18
Sarkozy-Royal: débat courtois, mais mordant


Le face-à-face télévisé entre les deux candidats, sur France 2 et france2.fr, a duré près de 2h40 mercredi soir
Débat du deuxième tour entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy le 2 mai 2007
Les échanges se sont révélés tendus et sans concession, les deux candidats haussant le ton à plusieurs reprises, notamment sur les questions de l'insécurité, de la délinquance, des 35 heures ou encore de l'aide aux enfants scolarisés handicapés.Le débat, entamé à 21h00, a largement débordé des deux heures prévues pour s'achever à 23h39.
D'une manière générale, Ségolène Royal s'est montrée putôt offensive, alors que Nicolas Sarkozy a voulu afficher calme et pondération, comme pour contredire l'image de grand nerveux que lui affublent ses détracteurs. Le candidat UMP s'est même payé le luxe d'accuser sa rivale de "perdre ses nerfs" lors d'une de leurs joutes verbales.Conformément au tirage au sort effectué au CSA, Nicolas Sarkozy a pris la parole en premier et Ségolène Royal a conclu. Dans un studio de Boulogne-Billancourt, Arlette Chabot (France 2) et Patrick Poivre d'Arvor (TF1) animaient le face-à-face, censé initialement s'articuler autour de "quatre grands chapitres" mais parfois désordonné vu l'âpreté des propos.Les deux prétendants à l'Elysée se faisaient face devant une table carrée, à deux mètres l'un de l'autre, dans un studio de 200 m2 vide de tout public, dont le décor avait été comparé à "un ring de boxe" par le réalisateur de l'émission Jérôme Revon.

Le déroulement du débat
Le débat télévisé a débuté par la présentation, par chacun des candidats, de leur vision de la fonction présidentielle et de leur objectif prioritaire après leur accession à l'Elysée.Prenant la parole en premier, Nicolas Sarkozy a émis le souhait de "tirer les conséquences des tsunamis politiques" des cinq dernières années, à savoir le 21 avril 2002 et le non au référendum européen. "Je veux des résultats, je veux promettre aux Français des droits réels, non virtuels (...) La passion de ma vie porte un nom, c'est l'action."Ségolène Royal s'est engagée pour sa part à "sortir la France de la situation dans laquelle elle se trouve", à "réduire la dette, la pauvreté", lutter pour la défense du pouvoir d'achat, notamment celui des retraités "qui a baissé", combattre "toutes les formes d'insécurité au quotidien".Elle a critiqué le gouvernement sortant sur son bilan économique et sécuritaire. "Je veux être la présidente de la République qui va faire une France où l'agressivité et les violences reculent, qui va faire une France qui va gagner la bataille contre le chômage et contre la vie chère, qui va permettre que reculent les inégalités."Polémique sur l'insécurité"Je crois que toutes ces formes d'insécurité au quotidien, sociale, appellent de nouvelles règles du jeu, un nouveau système politique, des responsables politiques plus efficaces qu'ils ne l'ont été au cours des 5 dernières années et même au-delà sans doute", a ajouté Mme Royal.Cette allusion au bilan du gouvernement sortant, dans lequel Nicolas Sarkozy a été partie prenante, n'a pas manqué de faire réagir l'ancien ministre de l'Intérieur. Les deux adversaires se sont renvoyés la responsabilité de la hausse des violences, à coups de pourcentages. Ségolène Royal a aussi reproché à l'ancien ministre de l'Intérieur de ne pas avoir tenu certains engagements : "Le commissariat de Clichy que vous avez promis n'est toujours pas ouvert", a-t-elle notamment lancé."Est-ce je suis responsable d'une partie du bilan du gouvernement ? Oui, Mme Royal. Vous avez parlé des violences, je suis responsable, j'ai été le ministre de l'Intérieur pendant quatre ans", a concédé Nicolas Sarkozy. "J'ai trouvé une situation qui était catastrophique et qui était pour beaucoup dans la défaite de vos amis (...). Si, en 2002, les Français n'ont même pas qualifié le Premier ministre que vous souteniez pour le deuxième tour, il y avait bien une raison: c'est parce que la délinquance et la violence avaient explosé", a-t-il contre-attaqué.35h et heures supplémentairesLes 35 heures ont été "une catastrophe généralisée pour l'économie française" et en particulier pour l'hôpital, selon le candidat UMP. Tout en reconnaissant que la deuxième loi sur les 35h avait été "trop rigide", Mme Royal lui a rétorqué que malgré tout le mal qu'elle pensait de cette réforme, la droite n'avait pas supprimé les 35 heures.Elle affirmé que si elle est élue ce sont "les partenaires sociaux qui devront se mettre d'accord" par branches sur les 35h. Faute d'accord entre eux" il n'y aura pas de généralisation des 35h", a-t-elle assuré.En outre, la candidate socialiste a réfuté comme "un nouveau cadeau aux entreprises sans contrepartie, qui va coûter 5 milliards d'euros" la proposition de Nicolas Sarkozy d'exonérer de charges les heures supplémentaires au-dessus de 35h. Elle a estimé que cela ne va pas aider l'emploi car les entreprises vont demander aux salariés de faire des heures supplémentaires plutôt que de recruter.Aupravant, Mme Royal avait promis de financer le désendettement de la France par la croissance économique en aidant davantage les PME. Elle s'est également engagée à consacrer au remboursement de la dette publique du pays "tout ce qui sera au-dessus de 2,5% de croissance (par an)".Le dossier sensible des retraitesSur cette "question centrale", Nicolas Sarkozy s'est engagé à garantir la pérennité des lois Fillon. Il a réaffirmé en outre sa volonté de "réformer les régimes spéciaux" au nom du principe d'"égalité" qui figure dans la devise de l'Etat. "Pourquoi certains cotisent-ils 37 ans et demi et d'autres 40 ans ?", a-t-il demandé. Il a promis d'augmenter les petites retraites de 25% et revoir la situation des pensions de reversion, promettant de faire passer leur taux de 54% à 60%.Mme Royal a répliqué : "Vous voulez financer l'augmentation des petites retraites par la réforme des régimes spéciaux. Or, vous savez bien que la réforme des régimes spéciaux va prendre un certain temps. Moi je ne veux pas perdre de temps, je veux les augmenter tout de suite." Elle a proposé pour ce faire de "remettre à plat les lois Fillon" et de mettre en place "une taxe sur les revenus boursiers" pour financer le fonds de retraites.Les deux adversaires se sont affrontés alors sur les détails du financement. Nicolas Sarkozy a reproché à sa contradictrice "de ne pas donner le montant de la taxe" qu'elle veut créer et de se contenter d'annoncer la "remise à plat de la loi Fillon". Ségolène Royal a répliqué que "remettre à plat la loi Fillon", ce n'était pas la démanteler. Contrairement au candidat UMP, elle se refuse à "uniformiser les durées de cotisation". "Je veux seulement mettre fin aux injustices les plus criantes, en matière de pénibilité du travail et sur les injustices faites aux femmes." Sur la future taxe boursière qui financera les retraites, elle préfère d'abord "évaluer les recettes qu'apportera la croissance".Sarkozy qualifié d'"approximatif" sur le nucléaireLe nucléaire a provoqué une montée de tension entre les deux candidats. Nicolas Sarkozy, qui sondait Ségolène Royal concernant sa position sur le nucléaire et sur l'EPR, s'est fait tancer par la candidate qui l'a invité à "réviser un peu son sujet" après avoir proféré selon elle "une série d'erreurs".Invité à dire combien le nucléaire constituait de la consommation d'électricité en France, M.Sarkozy a répondu 50%, ce que Mme Royal a contesté, le ramenant à 17%. Mais c'est surtout au sujet de l'EPR que le candidat de l'UMP s'est fait reprendre. Alors qu'il qualifiait l'EPR de "centrale", elle l'a accusé de tout confondre puisqu'il s'agit d'un prototype. Et de quelle génération est l'EPR, a-t-elle demandé ? "De quatrième génération", a-t-il répondu. "Non, de 3e génération", l'a-t-elle rectifié.Vif échange sur le bouclier fiscal"Tout est possible, même le pire", a lancé mercredi Ségolène Royal a Nicolas Sarkozy, à propos du bouclier fiscal en vigueur depuis le 1er janvier, selon lequel un contribuable ne peut payer plus de 60% de ses revenus en impôts. La candidate a pris l'exemple d'une "riche héritière" ayant touché un chèque de 7 millions d'euros en vertu de ce bouclier fiscal."Je vais regarder ce cas bien volontiers", lui a répondu Nicolas Sarkozy. "Ce n'est pas un cas, c'est la conséquence de ce que vous avez fait voter!", lui a lancé Ségolène Royal sur un ton vif. "Non, parce que moi je propose, c'est pire, je...", a repris Nicolas Sarkozy."C'est pire ? Vous avez raison, tout est possible, même le pire!", a rétorqué la candidate socialiste, ironisant sur le slogan de campagne de son rival "Ensemble, tout devient possible".Le candidat de l'UMP s'est engagé s'il est élu à abaisser le niveau de bouclier fiscal à 50%. "Mais c'est très injuste", a rétorqué Mme Royal, qui propose de supprimer ce bouclier fiscal.La question de l'éducationNicolas Sarkozy a réitéré son ambition de ramener "le respect" et "le mérite" au sein de l'école. Il a énoncé son projet de permettre à "tous les jeunes" de "pouvoir rester en étude après les cours". "Cela réglera la question du pouvoir d'achat des enseignants", a souri le candidat UMP. Il a évoqué la réforme de la carte scolaire car "ce n'est pas normal qu'on soit le seul pays où l'on ne puisse pas choisir l'école de son enfant". Il a prôné enfin "une nouvelle pratique de l'évaluation", afin que les parents puissent juger le niveau de l'école de leur enfant. Un peu plus tard, revenant sur les questions de discipline, le candidat UMP a affirmé son voeu de lutter contre "l'absentéisme", souhaité "que les familles signent le réglement intérieur de l'école", et a proposé "que les allocations familiales des parents défaillants soient mises sous tutelle".De son côté, Ségolène Royal a prôné un "pacte éducatif", déploré "la suppression de plus de 100.000 emplois en 5 ans" -ce que son adversaire a contesté, annoncé la mise en place d'un "service public de la petite enfance avant l'âge de 3 ans", promis le retour des emplois jeunes dans l'Education nationale ("supprimés par le gouvernemnt sortant") et l'instauration d'un "soutien scolaire gratuit et individualisé dès la rentrée prochaine".Accrochage sur l'enfance handicapéeAlors que Nicolas Sarkozy, dans le cadre du débat sur l'éducation, avait évoqué la question de l'enfance handicapée, Ségolène Royal a fustigé un "summum d'immoralité politique". Ellle s'est déclarée "scandalisée" par les propos de son rival sur l'accueil d'enfants handicapés dans les écoles, car selon elle, Nicolas Sarkozy a décrit "la larme à l'oeil" la situation des handicapés alors que c'est le gouvernement UMP "a supprimé" les aides pour les handicapés.Durant ce vif échange, le candidat UMP a reproché à sa rivale du PS d'avoir "perdu ses nerfs", ce qu'elle a nié, affirmant : "Je ne perds pas mes nerfs, je suis en colère, il y a des colères très saines (...) Je ne m'énerve pas, je me révolte car j'ai gardé ma capacité de révolte intacte." "Je ne mets pas en cause votre sincérité, alors ne mettez pas en cause ma moralité", a lancé Nicolas Sarkozy à sa concurrente.Les conclusions de chacun"Le mot fatalité ne fait pas partie de mon vocabulaire", a conclu Nicolas Sarkozy. "Je veux agir, passionnément, agir pour mon pays. Je veux faire en France les changements que d'autres ont fait dans d'autres pays. Il n'y a aucune raison qu'on n'ait pas le plein emploi, qu'on ne maitrise pas l'immigration. Je veux que les travailleurs soient respectés, considérés. Je ne crois pas à l'assistanat (...). Je crois au mérite, à l'effort, à la récompense, à la promotion sociale. (...) Ce que j'ai dit je le ferai. (...) C'est un don de soi, c'est une véritable ascèse.""Je veux être au service de la France", a conclu pour sa part Ségolène Royal. "Je tiens à des valeurs fondamentales. Le travail sera payé à sa juste valeur. (...) Je veux construire une France paisible ou l'on pourra réformer sans brutaliser ou jamais je n'opposerai les Français les uns contre les autres. (...) Je ferai tout pour sauver la sécurité sociale aujourd'hui menacée. Je veux une France créative, une France imaginative et je veux construire avec vous une France présidente."

La leçon de choses de Mme la Présidente.

Désirs d'avenir - Le site officiel de Ségolène Royal

lundi 30 avril 2007

Lilian Thuram dénonce Sarkozy qui porte les idées de Lepen.

<<...[Sarkozy] réveille le racisme latent chez les gens. Je le lui ai dit et je suis prêt à le lui redire.>>

Footballeur engagé, Lilian Thuram explique les raisons pour lesquelles il s'oppose, sur toute une série de thèmes, aux propositions de Nicolas Sarkozy, et donne sa vision de la société française. Entretien.
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Que pensez-vous des résultats du premier tour ?

On pourrait dire qu'il y a un recul du FN mais c'est Sarkozy qui a récupéré les voix de Le Pen. Les discours du FN s'est banalisé dans la société. Les mots de Le Pen n'ont jamais été aussi présents et, ce qui est dramatique, c'est que ses idées sont portées par un homme issu d'un grand groupe politique, l'UMP. Je trouve ça triste. Moi, ma priorité, c'est de tout faire pour que les gens vivent ensemble, se respectent et qu'on ne cherche pas des boucs émissaires. Or, c'est ce que font les discours de Le Pen, Villiers et, dernièrement, de Sarkozy. Je me dis donc que ma vision de la société n'était pas celle de pas mal de Français puisque Sarkozy est arrivé en tête.

Le curseur du débat politique s'est donc déplacé vers la droite, voire l'extrême droite ?

Complètement ! Malheureusement, il y a eu un tournant après le 11 septembre 2001. Nous sommes entrés dans un cycle de peurs, de méfiance. Ce qui s'était passé dans les banlieues a joué énormément dans l'imaginaire collectif. Quand il y a des manifestations de cet ordre, il y a toujours une montée du racisme. Nous traversons une véritable crise de la citoyenneté. On parle d'une crise de l'intégration. Mais à qui la faute ? Il y a des revendications d'histoire ou de mémoire vis-à-vis de la colonisation, de l'esclavage ou de, tout simplement, trouver sa place dans la société, qui prouvent bien que ces citoyens veulent participer à la France. Mais ils ne se reconnaissent pas dans cette France-là. Il est dommage que des politiques jouent sur ce malaise en stigmatisant les populations des banlieues. Il y a des termes précis qui servent à «délimiter», à séparer ces populations, comme «Français de souche», «minorités», «Français de deuxième ou troisième génération»... Cela illustre cette difficulté à accepter l'autre avant de le considérer comme Français à part entière...
Mais c'est le peuple français, ou du moins une bonne partie, qui éprouve de réelles difficultés à faire de la place à ces «autres» Français...
Il y a un poids énorme de l'histoire. L'esclavage a éduqué les gens dans le sens que l'homme blanc était supérieur à tous les autres et que l'homme noir était le plus bas dans l'échelle. Il y eut ensuite la colonisation avec la prétendue mission de l'homme blanc à civiliser les «sauvages»... Aujourd'hui, en France, l'inconscient collectif est comme ça : l'autre est différent et inférieur. Comment expliquer aux gens qu'on peut être Français en étant tous égaux? En France, les gens se disent plus facilement racistes qu'avant. Ils devraient avoir peur de ce sentiment : si vous êtes plus racistes, l'autre le sera également.

Lequel des deux candidats se rapproche le plus de votre «projet de vie» ?

Il est évident que M. Sarkozy ne s'attache pas au «vivre ensemble». Refuser de faire le travail de mémoire, c'est refuser d'avancer. Il faut relire le passé pour préparer l'avenir. Il est prêt à beaucoup pour devenir Président. Il dit ce que les gens veulent entendre... Il réveille le racisme latent des gens, je le lui ai dit et je suis prêt à le lui redire. On me dit parfois que j'exagère, mais regardez l'évolution de son discours depuis 2005, au moment où je l'ai rencontré : il a affirmé vouloir récupérer les voix du FN. Pour y parvenir, il y a deux moyens : soit en disant aux gens du FN, ce que vous pensez des immigrés est faux ; soit en allant dans le sens des idées de Le Pen... Les «moutons égorgés dans la baignoire», «le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» , l'immigration «choisie» et non plus «subie», etc., tout cela pointe du doigt une certaine population.

Et Ségolène Royal ?

Elle a pris le risque de répéter qu'elle voulait une France métissée. C'est un risque car je ne pense pas que la majorité des Français soit prête à entendre une telle idée... Dans son discours sur les immigrés, rien ne m'a choqué. Si demain, elle dit quelque chose de dangereux pour le «vivre ensemble», je lui dirai la même chose qu'à M. Sarkozy ! Ce n'est pas parce que je dénonce certains discours de M. Sarkozy que je suis avec Mme Ségolène Royal. Quand je l'ai rencontrée, je lui ai parlé des jeunes de banlieues qu'on stigmatise et auxquels on demande toujours de prouver qu'ils aiment la France... Des gages de citoyenneté, toujours !
Auriez-vous souhaité que des sportifs français s'impliquent plus dans cette campagne ?
Par rapport à la stigmatisation des immigrés et des jeunes de banlieue, je regrette qu'il n'y ait pas eu plus d'implication, oui. Parce que la plupart de nous avons eu un parcours assez similaire : on vient des couches de la société dites «défavorisées» et on a donc un peu tous la même sensibilité. Le jour où chacun de nous comprendra qu'on a le pouvoir de faire changer les choses...

Beaucoup de gens pensent qu'un Noir ou un Arabe, c'est une victime de la société, qui doit forcément voter à gauche... N'est ce pas une forme de racisme que de considérer des gens selon un code prédéfini ?

Bien sûr ! On peut être noir et voter Le Pen, Sarkozy ou à gauche... Pour ma part, évidemment, c'est beaucoup plus difficile de ne pas être sensible à certaines choses plus dérangeantes. Un Noir sera normalement beaucoup plus sensible à des discours racistes parce que lui, il l'a subi dans son histoire. Ce n'est pas toujours le cas. Tenez, en Guadeloupe, beaucoup de gens ont voté Sarkozy, qui refuse de se pencher sur la mémoire du pays. Or ces Guadeloupéens sont descendants d'individus ayant subi les horreurs de l'esclavage... Ces gens auraient dû se montrer plus attentifs et plus sensibles, éprouver une «réserve morale». Mais les gens ne sont pas toujours vigilants...

Que pensez-vous de la «discrimination positive» que défend Sarkozy ?

J'ai déjà pris l'exemple des huit Blancs qui attendent un bus, un neuvième arrive pour monter mais il ne peut pas parce que le quota de Blancs est atteint et que seuls des Noirs, ou autres, peuvent embarquer... Ce n'est pas ma façon de voir les réalités. Je crois même que ce genre de politique peut générer des conflits. Il faut mettre en place un système incitatif, avant tout, sur le plan éducatif : faire comprendre aux décisionnaires pourquoi il leur faut de la diversité dans les entreprises. Aujourd'hui, il est devenu beaucoup plus difficile de réussir à l'école. La ghettoïsation de l'école m'inquiète. L'expérience d'ouverture de Sciences Po aux étudiants des quartiers défavorisés est très intéressante.

La France ne se ment-elle pas à elle-même en tardant à offrir à ses «minorités visibles» la place qu'elles sont en droit d'attendre ?

En tout cas, la France n'arrive pas à se regarder telle qu'en elle-même... Je voyage beaucoup à l'étranger et le reproche récurrent qu'on fait aux Français, c'est d'être prétentieux. Notre pays vit dans le souvenir de la «Grande France». Cela veut dire qu'on n'a pas réalisé que cette grandeur reposait sur des massacres, sur la négation de l'autre, sur sa chosification... Aujourd'hui, il y urgence de déboucher sur quelque chose de plus intelligent...

On en prend le chemin ?

C'est pas gagné d'avance...

samedi 28 avril 2007

Le Concert de la Victoire


Le concert de la France Présidente !Ségolène Royalcandidate à l'élection présidentiellea le plaisir de vous convier à unGRAND CONCERT- MEETING
Mardi 1er mai à 17h(ouverture des portes a 14h30)Au Stade Charléty
Avec notamment la participation de :BENABAR, CALI, Michel DELPECH, DISIZ LA PESTE,DYONISOS, Leny ESCUDERO, Rachida KHALILINDOCHINE, Kery JAMES, JULIETTE, Yvan LE BOLLOCH, MAFIA KAFRI, MOKOBE, SANSEVERINOGEORGES MOUSTAKI, YANNICK NOAH, RENAUD, Olivia RUIZ,SEYFU, TETES RAIDES, TIKEN JAH FAKOLY

Concert gratuitStade Charléty99 boulevard Kellermann - 75013 ParisRER : Cité universitaire Métro 7 Maison Blanche ou Porte d'ItalieTramway T3 Poternes Peupliers ou Porte d'ItalieBus 184 Damesme ou Bus 57 Poterne des Peupliers

Avec lui tout est possible, surtout le pire.



AU SECOURS DES IDEES Par Paul TEDGA

PRESIDENTIELLE FRANCAISE : CE SERA SEGOLENE OU LE CHAOS EN AFRIQUE
Comme AfriquEducation avait prévu dans le numéro 225-226 du 1er au 31 avril, le deuxième tour de l’élection présidentielle qui aura lieu le 6 mai 2007 mettra, face à face, la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal, au représentant de l’Union pour la majorité populaire, Nicolas Sarkozy. Avec 31,18% des voix, ce dernier part avec une certaine longueur d’avance (toute relative) sur sa rivale qui totalise 25,87 des voix. Si nous ne voulons pas que la France, ce pays que les Africains aiment sombre dans l’extrémisme et l’inconnu où Nicolas Sarkozy est en train de le mener en toute irresponsabilité et avec un fort accent démagogique, il est encore minuit moins cinq pour lui barrer la voie. Voilà pourquoi, en cet instant solennel, je m’adresse à tous les Français imprégnés de valeurs humanistes et de solidarité, qui vivent, actuellement, en Afrique, parce qu’ils y sont bien, parfois très bien même, et qui seraient tentés de voter pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour. Je dis à ces Français-là de faire très attention. Car voter en faveur de Sarkozy, après qu’il ait clairement montré ce dont il était capable, serait, pour les Français d’Afrique, synonyme de voter contre leurs propres intérêts. Les données du problème sont claires : issu d’une famille d’immigrés hongrois dont certains de ses parents ne sont devenus français qu’en …1980, c’est-à-dire, hier, Nicolas Sarkozy a bâti son fonds de commerce électoral sur sa politique anti-immigrés. On pourrait caricaturer en disant que Monsieur Sarkozy, c’est Monsieur anti-Noirs, Monsieur anti-Arabes. Il en est d’ailleurs fier.
En quatre ans passés Place Beauvau (Ministère de l’Intérieur), il a, à lui tout seul, fait voter trois lois contre l’immigration, chacune de ces lois étant plus dure que la précédente. Cela fait vingt-quatre ans que je vis en France où j’ai préféré garder ma nationalité camerounaise. Par fierté et par amour pour l’Afrique. Je n’ai jamais vu un ministre de l’Intérieur aussi xénophobe que cet homme. Sarkozy aime bien s’afficher avec nos chefs d’Etat mais il hait foncièrement les Africains. Même Jean-Louis Debré et Charles Pasqua, qui étaient loin d’être des enfants de chœur en la matière et qui avaient déclaré avoir tout fait pour stopper l’immigration, peuvent être logiquement qualifiés de « gauchistes » par Sarkozy. Ce dernier, pour casser du Noir et de l’Arabe, a fait ce que même son inspirateur idéologique, Jean Marie Le Pen, n’aurait pas pu réaliser : avec les nouvelles lois de Sarkozy, un Français d’origine africaine peut se voir retirer à tout moment sa nationalité française si Sarkozy considère qu’il n’est pas un bon Français comme lui. Un Africain titulaire d’une carte de résident de dix ans peut se voir opposer le non-renouvellement de celle-ci. Plus récemment, il a encore surpris Jean Marie Le Pen en annonçant la création d’un Ministère de l’Immigration et de l’Identité française. Bref, il n’y a que la haine chez cet homme.
Pour gagner l’élection présidentielle, il a accentué les peurs, suscité les angoisses, indexé les immigrés en les rendant responsables de tous les maux que connaît la France. Rien que du venin qui sort de sa bouche.
Homme sans réelles convictions qui adapte son discours à chaque public, qui change de position comme le vent du désert change de direction, il ne mesure pas que ses propos haineux contre les Noirs et les Arabes, peuvent avoir des conséquences néfastes voire catastrophiques en Afrique, sur les Français qui ne demandent qu’à y vivre en paix. Car ce qui est arrivé aux Français de Côte d’Ivoire, fin 2004, à cause d’une certaine façon française de faire de la politique, n’est pas quelque chose qui n’arrive qu’aux autres. De tels événements naissent avec des discours des hommes politiques populistes comme Nicolas Sarkozy. C’est pourquoi je dis que si ce Hongrois devenu Français par la loi du sol, connaissait réellement le passé historique qui lie la France à l’Afrique, il tournerait sept fois sa langue dans la bouche avant de sortir des énormités.
Je pense donc que Ségolène Royal est mieux qualifiée pour renouer les fils entre la France et les pays africains. Même si elle est du parti socialiste, elle peut mieux représenter, en Afrique et ailleurs, les intérêts de la France et surtout, ceux des électeurs français de droite qui résident en Afrique. C’est avec elle que la France peut changer sa très détestable image en Afrique. A l’heure où le slogan « Tout sauf Sarkozy » devient le mot d’ordre général y compris dans les états majors de partis de droite qui ont, presque tous, refusé de lui apporter leur soutien pour le deuxième tour à cause de la forte inquiétude qu’il suscite, Ségolène Royal est la seule personne, aujourd’hui, capable de préserver les équilibres non seulement en France mais aussi entre la France et les pays africains sans beaucoup de dégâts de part et d’autre. Voilà pourquoi, depuis Paris, j’invite fortement les Français d’Afrique et du monde, à se détourner de cet aventurier et de ce spécialiste du double langage qu’est Sarkozy, en votant Ségolène Royal, la seule qui soit à même de redonner à la France, comme seules les femmes savent le faire au milieu des mâles, ses attributs de grande puissance qu’elle a visiblement perdus.

Les électeurs s'en souviendront

LEXPRESS.fr - Nicolas Sarkozy "pas intéressé" par le débat Bayrou-Royal - L'Express

mardi 24 avril 2007

Au rythme de l'Afrique

Abidjan.net FM - Juke Box

Les boulets qui entravent l'envol de Ségolène Royal


Jamais candidat de gauche n'a succité autant d'enthousiasme, même au delà de son camp, et pourtant continuer au fil du temps à peiner du soutien de son entourage.
Ségolène Royal portée par une espérance nouvelle et une quête de changement souffre du contrepoids du système qui l'a vue s'imposer.
On le sait: L'appareil du parti socialiste et les apparatchik du système partisan traditionnel n'ont pas encore digéré la victoire de Ségolène Royal comme candidate imposée par le dynamisme d'un électorat avide d'un nouvel ordre politique.
C'est à peine si on ne cherche pas à faire payer à la candidate Royal l'affront d'avoir mis hors de course tous ses rivaux qui souffrent du machisme de la dévolution du pouvoir. Eux qui contraints de s'allier à Mme Royal cachent mal leur féroce obsession de la voir chuter.
Pourtant la défaite de Mme Royal sera plus dévastatrice pour le parti socialiste que ne l'a été l'échec de Lionel Jospin en 2002.
Et ça, ils le savent très bien. Même qu'ils en rêvent dans leur dangereuse somnolence. Miser sur le chaos pour espérer renaître de ses cendres;Quelle folle projection?
Mais tout n'est pas perdu. L'aberration de la situation imposée à Mme Royal révèle une nécessité: la douce révolution impulsée par Ségolène Royal doit aller au bout de son oeuvre. Les conditions d'accession à la candidature de Mme royal l'exigeaient. L'incohérence des conglomérats autour de la candidate le confirme.
La candidate socialiste en gagnant son investiture aux élections présidentielles a curieusement oublié d'en assumer la prérogative essentielle: s'imposer en chef de son camp.
La dualité de commandement avec M. Hollande en était un premier manquement. Au delà de toute la considération et de la valeur dont on créditerait le premier secrétaire du parti socialiaste, sa légitimité à représenter et à incarner le PS à cette étape faisait évidemment doublon et par conséquent de l'ombre à la candidate désignée.
Mme Royal donnait du coup l'impression d'être une chef de classe contrainte de partager son autorité avec les meneurs de groupe. Deuxième manquement qui délégitime le pouvoir de représentation à elle confié.
L'affaissement de l'engouement succité et apprécié par la candidature de Ségolène Royal se mesure à l'aune de sa timidité à s'imposer en véritable et unique détentrice du pouvoir de représentation. Elle en oublie même que sa légitimité prend sa source et toute sa force d'une profonde aspiration des désirs d'un autre avenir et de la rupture d'avec l'ordre ancien.
C'est en incarnant l'espérance de ce changement que la majorité des français la plébisciteront au soir du 6 mai prochain.
Il faudra pour cela qu'elle retrouve son audace et sa volonté de sortir la politique des sentiers battus dans lesquels les appareils politiques veulent la confiner. Cela est encore possible à quelques jours de l'ultime échéance. Mme royal a certes besoin de rassembler autour d'elle l'ensemble des forces du changement; mais elle doit surtout prendre le devant de la marche vers une autre France. Celle du refus de transformer cette terre d'espérance et de solidarité en un réservoir d'affrontements.
L'affrontement des classes moyennes que Sarkozy veut opposer aux couches défavorisées et abandonnées. L'affrontement de citoyens français contre d'autres français sur fond de déterminisme génétique et de prééminences raciales. Bref l'engrenage des conflits nourris sur le terrau des préjugés et de la culture de l'intolérance.
Cette dérive à laquelle nous conduit tout droit Nicolas Sarkozy ne peut-être évitée que dans un sursaut républicain.
Comme en 2002 face à la menace du front national de Jean-Marie Lepen, les français sont encore appelés à se mobiliser pour défendre la république en danger. Cette fois-ci pour barrer la route à Nicolas Sarkozy plus dangereux que le mentor qu'il décide de remplacer auprès des "brebis égarés" au FN.
La France ne mérite pas l'abîme que lui trace Nicolas Sarkozy. Avec lui, "tout est possible"prévient-il. Surtout le pire.
Les français ont besoin d'une nouvelle espérance dans un ordre juste. C'est le leitmotiv de Ségolène Royal.

Boris Azon

lundi 23 avril 2007

Le nouveau visage d'une France apaisée


Premier Tour : Mme Royal pour battre Sarkozy




En dépit de la lourde armada déployée depuis des mois contre la candidate Ségolène Royal, les français viennent de marquer à l’issue du vote du premier tour leur soutien à la candidate socialiste. Les manipulations d’opinion sur fond de bombardement de sondages et de désinformation n’ont pas eu raison de la volonté des français qui veulent en finir avec la politique des lobbies.
La nouvelle politique du respect des citoyens prônée par Mme Royal contre la violence politique incarnée par Nicolas Sarkozy a séduit plus de 10 millions d’électeurs. Mais cette première dizaine de millions de soutiens est la première vague de combattants qui ont décidé de s’unir derrière la pasionaria Royal. Elle sera rejointe par d’autres millions de combattants en réserve au premier tour. Ceux qui bien qu’étant foncièrement opposés au danger du sarkozysme ont tenu à exprimer séparément leur exaspération du système ‘’droite dans ses bottes’’. Ce sont ces millions de français qui dès le premier tour convergent vers l’espérance d’une France nouvelle. Une France rassemblée autour des idéaux qui fondent sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité.
C’est cette France qu’appelle de toutes ses forces Ségolène Royal.
Une France qui s’oppose à celle de la division et du racisme dont ne se cache plus Nicolas Sarkozy. Une France qui refuse la marginalisation d’une frange importante de ses enfants que la politique lepéniste du dauphin Sarkozy n’a de cesse de jeter en pâture à d’autres français.
Une nouvelle dynamique est donc née autour de Ségolène Royal pour barrer la route à la dérive totalitaire d’un état policier que veut Sarkozy.
Le 6 mai prochain au soir du deuxième tour, une nouvelle France sortira des urnes ; avec un nouveau visage pour une France juste et apaisée.
C’est la voie royale qu’emprunteront les français en portant leur voix sur l’espérance de Mme Royal.
Boris Azon
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