samedi 19 mars 2011

Béninoiseries*: Le clan Yayi Boni a franchi les limites de la folie du pouvoir


Sourd aux appels au bon sens et à la retenue dans une folle escalade du pouvoir coûte que coûte, le président sortant, Thomas Boni Yayi, entouré de quelques thuriféraires est en train de conduire le Bénin droit dans une spirale de tensions sociale et politique.

Au péril de la quiétude et d'un processus démocratique chèrement acquis et qui sont à juste raison enviés aux béninois.

Mais bon dieu de bon sang! Qu'est ce qu'ils ont dans la tête ces gens là quand ils fourbissent leurs armes pour plonger leur pays dans la violence et le chaos qui s'en suit? Si tant est que ce pays est le leur.

Armés de cupidité et de fourberie, sanglés dans une mauvaise foi qui le dispute à l'escroquerie, ils sont prêts à tout, surtout le pire, pour assouvir leur soif d'un pouvoir corrompu.

Alors que le Bénin traverse un marasme économique, que la crise de confiance entre les béninois et le pouvoir de Yayi Boni est au plus fort; avec une désillusion sur fond d'affaires de détournements, de corruption de proches, de prévarication et d'abus de confiance mafieux; voilà que le président béninois organise au forceps des élections présidentielles dans des conditions décriées par l'ensemble des autres candidats. Voire de la société civile.
Mais coup de tonnerre, le président sortant Yayi Boni se fait déclarer vainqueur dès le premier tour avec plus de 53 % des suffrages exprimés. Faire mieux dans l'indécence, ce n'est simplement pas possible.

Car ce n'est pas de l'audace ou de l'effronterie de dire aux béninois qui ont voté pour les candidats Adrien Houngbédji, Abdoulaye Bio Tchané et Janvier Yahouédéhou ( pour ne retenir que les 3 plus crédibles) qu'ils ne font même pas à eux trois réunis, l'audience de Yayi Boni dès le premier tour. Dans un pays où les données sociologiques et la réalité politique interdisent à quelque candidat, dans la meilleure des positions, de pouvoir réunir à lui seul plus de 35 % des suffrages.

C'est une insulte aux béninois. Un mépris qui étale l'arrogance du pouvoir de Yayi Boni qui depuis son arrivée à la tête du Bénin met à mal un consensus préservé depuis le processus démocratique entamé en 1990 avec la conférence nationale des forces vives de la nation.


Le clan Yayi Boni voudrait donc réduire à néant toute velléité de changement auquel aspireraient les béninois!

Qu'il se le tienne pour dit: cela ne passera pas.

Les usurpations et les tentatives de confiscation de pouvoir sont d'un ordre ancien et révolu.

Les béninois sont un peuple épris de paix, mais ils ne boiront guère le calice jusqu'à la lie.

Charles A. Migan
*Béninoiseries: Néologisme qualifiant au Bénin les comportements ou faits sournois motivés par la méchanceté.