samedi 19 décembre 2015

CÔTE D'IVOIRE: De l'Etat de fait à l'Etat défait

Point n'est besoin de revenir ici en détail à nouveau sur les faits qui ont mis un coup d'arrêt forcé au processsus électoral de novembre 2010 en Côte d'ivoire.Tout ou presque a été dit sur le scrutin présidentiel qui devrait sortir le pays d'un blocage politique de près de 10ans. Avec peu ou prou vérité des faits. Et 2 mois après, le constat est plus qu'affligeant: une situation ubuesque où les deux candidats au deuxième tour se réclament toujours chacun la victoire.
D'un côté le président sortant, Laurent Gbagbo, investit aux pas de charge par le président du conseil constitutionnel mais contesté par la quasi totalité de la communauté internationale, de l'autre son challenger Allassane Dramane Ouattara, déclaré vainqueur par la commission électorale indépendandante (CEI)avec certification* du représentant de l'ONU, et reconnu comme président par l'ensemble des chancelleries et des institutions qui comptent sur l'échiquier politique et économique internationnal.
Laurent Gbagbo qui depuis lors exerce de fait les pouvoirs régaliens de l'Etat ivoirien à travers le contrôle des institutions que sont entre autres l'administration nationale, la police et surtout l'armée qui lui a fait allégeance, repose sa légimité sur une certaine lecture de la constitution ivoirienne:<<...Les résultats définitifs sont du ressort du conseil constitutionnel.>> et le conseil constitutionnel a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur. Pour le camp Gbagbo qui dénonce au passage un complot de meneurs de la communauté internationale contre leur leader,la messe est dite.
Allassane Dramane Ouattara, lui, malgré la reconnaissance et le soutien de la communauté internationale peine à sortir du bunker de l'Hotel du golfe à Abidjan où avec son clan il se retrouve reclus sous la protection des forces de l'ONUCI.
Contraint par le rapport de force à une "résidence surveillée", Allassane Dramane Ouattara n'a que l'usage des canaux diplomatiques pour se faire droit. Mais de là à avoir prise sur les leviers institutionnels du pouvoir ivoirien, il faut du temps.Du temps que le clan de ADO craint comme mauvais allié qui jouerait en faveur de l'adversaire.
Pendant ce temps, la Côte d'Ivoire tiraillée entre deux détenteurs de son pouvoir se délite. Dans un climat de plus en plus délétère.

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